Petit Ange

En ouvrant les volets j’ai senti ta présence. Déplacement léger de l’air et chant des oiseaux. Soleil haut dans le ciel. Une journée printanière avant l’heure.

Quelque chose m’a rapproché de toi ces derniers jours. Est-ce d’avoir ajouté ton prénom sur la deuxième page de mon livre ? Ou d’avoir visionné « Et les mistrals gagnants » samedi midi ?

Cet été, j’aimerais aller déposer quelques fleurs sur le carré de terre où ton corps repose, à tout jamais libéré de tout ce qui a pesé lourd dans la balance de tes 20 années de vie sur terre. Je t’ai tenu petit homme dans mes bras d’adolescente. Le coup de fil qui m’a annoncé ton départ ne m’a pas prise par surprise. Je le redoutais depuis tellement longtemps.

Tous ces mois loin de toi et tous tes maux loin de moi. J’ai espéré à chaque carte envoyée recevoir de tes nouvelles. Le silence de l’éloignement m’a bien des fois pesé. Aujourd’hui, je pense à toutes ces notes de tendresse griffonnées et épinglées près de ton lit, aujourd’hui dispersées je ne sais où par je ne sais qui.

Nous n’avons échangé que des sourires. Mais des sourires qui tiennent chaud et ôtent tout pouvoir aux cris, les tiens de douleur et de rage, les miens d’impuissance.

En ouvrant les volets j’ai senti ta présence. Petit ange qui veille sur moi. Sur nous. Pour l’éternité.

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