Compter

Je compte. Ca se fait ou pas. Peu importe. Je compte. Les années. Les jours. Les mois.

Je compte le temps sans un battement de cils, sans un sourire échangé, sans une main qui frôle la mienne, sans un baiser.

Je compte les minutes solides, les heures de doute, les jours d’envie et les jours sans envie.

Je compte les heures creuses, les lignes des autres qui parlent de jolies rencontres, d’amour. Je compte le manque.

Je compte. Quatre ans – 4 mois – 4 jours. Le compte est bon.

Je pourrais compter depuis plus longtemps. Mais je compte depuis le jour où j’ai quitté la maison. Tu ne m’avais ni regardée, ni touchée du bout des doigts, ni parlée sans me crier dessus depuis 9 jours.

Je pourrais compter depuis la peur, depuis les heures d’angoisse, depuis l’alarme qui annonce que le repas est cuit, depuis le premier silence.

Non je choisis de compter depuis le jour où j’ai repris les rênes de ma vie, non sans oublier les nuits d’insomnie, les jours de cris, les heures qui tremblent, les minutes comblées de larmes, à cran.

J’arrête le compteur.

J’ai envie d’une nouvelle vie, de croiser un regard, de saisir une main, d’embrasser quelqu’un, de me sentir bien…

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