Virage

Le jour des adieux viendra bien assez tôt. Il existera une heure pendant laquelle le tic-tac quotidien s’arrêtera sur un temps infini. Il se rapproche l’instant qui séparera les corps et distendra les liens, rendra les souvenirs éblouissants pour peu que les êtres apprennent à s’aimer vraiment, abandonnant la peur au bord du chemin, sans entrave ni possession, libres de se détacher comme ils se sont liés. Les amants resserrent leurs étreintes sur un vide invisible à l’œil nu. Le cœur seul connaît les limites de leur amour.

Elle le donne par choix. Elle est seule à décider puisqu’elle seule connaît la frontière sentimentale. Elle seule sait distinguer la barrière de nuages qui annonce le prochain virage. Alors vivre semble le meilleur remède. Toucher et apprendre à reconnaître chaque écho, chaque relief. Se laisser gagner par la plénitude et ne rien tenter qui pourrait perturber cette tranquillité  fragile. Se boire en abondance, se consumer de sensations entières et apprendre à s’abandonner au bon vouloir de l’autre.

S’aimer. Rien de moins. Rien de plus.

Advertisements