Résultats

Je veux y aller seule. Je ne veux personne avec moi. Personne  pour voir les résultats s’afficher, se mettre à trembler, tenter de se rassurer, me rassurer, quand d’un pas lent, j’irais découvrir ce qui se cache sur le papier blanc.

J’ai pris ma décision. Elle est irrévocable, peu importe ce qu’en pensent mes amis, mes parents. Je sais qu’ils préféreraient être là, pour me soutenir ou pour se donner bonne conscience, une manière de ne pas jongler pour les quelques mois à venir avec ce sentiment terne, qui s’attache, la culpabilité de ne pas avoir été à mes côtés pour ce moment crucial.

Je me prépare. Dans le silence de ma chambre. Je regarde l’horloge scander les secondes comme si elles étaient des heures, comme si le dispositif derrière les aiguilles était cassé.

J’y vais d’un pas qui se veut sûr, passe les portes et me poste devant la vitre où quelques personnes s’agitent frénétiquement. Je tripote ma bague, la fait tourner d’un côté puis de l’autre de mon majeur. Je me pince les lèvres, me tortille de gauche à droite, sans trouver la position adéquate de l’attente sereine. A l’intérieur de moi, c’est le chaos total. Mon déjeuner pris sur le pouce pèse sur mon estomac noué.

Le personnel s’efface et me voilà entourée d’une foule compacte et agitée. On dirait bien que je ne suis pas la seule à être angoissée par l’annonce des résultats de deuxième année de Fac de Droit.

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