Deux enfants

On n’apprend jamais à vivre « sans ». On vit toujours avec. Même avec le vide. Avec les souvenirs. Et parfois les questions que certains départs laissent en suspens. On vit à travers l’empreinte des pas, à travers l’écho des voix.

Tu n’es jamais loin de mes pensées. Ton sourire flotte quelque part entre ces quelques instants partagés et toutes ces lettres épinglées un temps sur le mur face à ton lit.

Avec ma sensibilité exacerbée et mes envies de sauver le monde, je suis devenue ta marraine à treize ans à peine. J’avais le cœur plein de rêves, de ceux qui ne réalisent pas. Je rêvais d’un miracle. Il a eu lieu avant que tout n’explose. Et que ton petit corps tremblant vomisse tripes et boyaux – un appel au secours auquel je ne pouvais pas répondre.

Deux enfants embarqués dans une aventure dont personne n’a saisi l’envergure. Je voulais pouvoir tant te donner. Mon amour se lisait à la mesure des vœux énoncés, des cierges allumés portés par des prières sincères. Ca n’a pas suffi à te maintenir en vie.

L’été prochain c’est décidé, j’irais m’asseoir sur la pierre qui garde scellés nos secrets, le lien qui nous unit. Ton corps y repose en paix. Tu la mérites.

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